31 mars 2008
31 mars 2008 - Auprès de mon arbre...
Fermez les yeux et imaginez une plaine aride, rougeoyante, entourée de collines où de petites habitations (= Tata Sombas, maisons traditionnelles où hommes et animaux cohabitent) poussent aléatoirement aux côtés de gigantesques baobabs !!! Vous pouvez les ouvrir, la photo est là :
Coïncidence : le président Boni YAYI, en campagne pour les communales, débarque à Boukoumbé ! Le bruit de l'hélicoptère déclenche une ruée vers le stade et la vie sera suspendue le temps de son allocution.
Nuit chez l'habitant, sous un manguier, songeant à cette maman qui a donné vie sous nos yeux...

Nouvelle escale un peu plus au nord : Tanougou et ses chutes salvatrices ! Entre 2 sauts, nous rencontrons un enfant du village qui nous accueillera dans sa famille. 2 temps forts : la dégustation de la bière de mil (élue par nos papilles gustatives meilleure bière du Bénin !!!) fabriquée sous nos yeux et l'installation de notre tente devant 20 paires d'yeux interrogateurs et fascinés !
3 jours pour passer la frontière burkinabaise, c'est un peu long nous direz-vous !
Arrivées de nuit malgré nous, nous y rencontrons nos anges gardiens : les douaniers (qui l'eut cru ?) et décidons finalement
de faire étape à Nadiagou ! Ils nous faciliteront tout notre séjour : recherche d'un toit, visite de la ville, présentation à TOUT le personnel, et... contre toute attente, un cadeau surprise digne du Père Noël : 1 journée entière dans la brousse à la recherche des animaux sauvages sous l'œil aguerri de notre garde forestier. Prises au jeu, nous les avons pistés par 40 degrés en suivant leurs pas et crottes (plus ou moins fraîches !!!) et en nous camouflant derrière les branches pour mieux les approcher et les prendre en photo. Pompon de la journée : pintade sauvage grillée chassée 30 minutes avant la cuisson... version scoot !
Ayant renoncé à ces images animalières africaines au Bénin, c'est un rêve qui se réalise à notre arrivée au Burkina Faso !
Ca s'annonce plutôt bien ! Jusqu'au bout de leur mission, nos douaniers accepteront de nous faire transiter vers "Ouaga" via un mode de transport peu commun : le camion citerne ! (en classe "fumeurs" SVP !!!) 350 km à la vitesse d'une pétrolette = 9 heures d'échanges riches de différences culturelles. Notre route commune avec son chauffeur ne s'arrêtera pas aux portes de OUAGA...
...Bonne route à tous !
23 mars 2008
23 mars 2008 - Une bonne dose d’authentique pour la 12 !
Entre passé et présent, on s’étonne parfois de voir comment l’un et l’autre cohabitent. Abomey, connu pour son royaume d’antan tout puissant ainsi que pour être le berceau de la religion vodou, nous aura on peut le dire, montrer ses 2 facettes.
Hébergées dans la famille de Bénou (merci !) nous avons déambulé à la découverte du quartier Hountondji, famille d’orfèvre. Le musée a étayé nos connaissances sur le royaume et ses 12 rois, qui avait chacun par tradition au minimum 41 femmes ! (Record détenu par le roi Ghezo avec plus de 4000 !! Ca vous laisse rêveur hein ?… Ou vous donne mal à la tête peut-être !...).
Invité par un chef de cérémonie à une fête vodou, nous nous sommes retrouvées littéralement médusées devant un parterre de danseurs en transe (esprits des revenants ou Sodabi ? Alcool local). Les joueurs de djumbé et la foule en délire ajoutaient encore une touche au côté mystique du moment. Tout ça, au milieu de nulle part… Merci Afrique pour toutes ces vibrations.
Tout vient à point à qui sait attendre… autre visage de l’Afrique : moyennant 2 pannes de voiture (qu’il nous aura fallu pousser) et des heures d’attente, nous atteindrons finalement le petit havre de paix de Zagnanado. Changement radical de paysage (beaucoup plus vert, avec cultures), de sources d’eaux en artisanat local (pâte d’arachide), nous touchons du doigt la vie dans les campagnes béninoises. Nous sommes présentées au roi (ça casse le mythe mais il tourne à la bière locale !) véritable institution devant laquelle la déférence absolue est requise : on s’agenouille pour le saluer, avant de trinquer au Campari !!
Il nous fera l’honneur de sa présence lors de notre intervention avec l’ONG dans son village. Plus de 200 personnes réunies sur la place écouteront le discours de lancement de sensibilisation sur le
paludisme et le nôtre plus spécifiquement dédié aux femmes enceintes, traduit par un interprète fon. Les rituels d’accueils, le respect, l’écoute et la participation active de la population sont autant de facteurs prometteurs d’une action utile et réussie. Longue vie à Galop Solidarité.
Après ses purs moments d’évasion, la dure réalité nous rattrape, il nous faut rejoindre Natintingou. Et dans quelles conditions : 7 heures de bus, 3 heures d’attente et 1 tourista carabinée pour Lolo ;o( Saloperie de crudités …
Bonne digestion à tous, et joyeuses Pâques !
16 mars 2008
16 mars 2008 - Fraîcheur de la côte avant de se déshydrater au nord … !
Profitant de notre pied-à-terre à Cotonou (toujours aussi chaleureux) nous avons pu abandonner nos gros sacs à dos pour rayonner « léger » sur toute la côte…
Première bouffée d’oxygène : Ganvié, la « Venise africaine ». Ce vieux village de pêcheurs de 30 000 habitants constitué de cases sur pilotis se visite en pirogue (sans moteur pour nous… plus autenthique !). Il avait permis à l’époque à ses habitants d’échapper aux raffles d’esclaves, les guerriers ne s’aventurant jamais sur l’eau. Après en avoir pris plein les mirettes, le retour se fera au soleil couchant, chacune une rame à la main.
Second souffle : Porto-Novo, capitale politique du pays, bien moins oppressante que Cotonou. Accueillies chez un
cousin, nous avons parcouru la ville et sa lagune telles 2 américaines en pick-up climatisé avec chauffeur… On vous laisse imaginer notre gène, nous qui nous évertuons à nous fondre dans le décor !!! (on vous entend d’ici les mauvaises langues « alors c’est ça votre voyage roots ?!!!... Ok… on vous l’accorde pour cette fois… ;o) Impossible de leur faire comprendre que nous AIMONS marcher et nous perdre dans les ruelles. Victoire, en rusant nous gagnerons quelques heures de liberté ! Le musée ethnographique nous a beaucoup appris sur les cultes et traditions du Bénin. Overdose de fraîcheur sur la route du retour : des trombes d’eau s’abattent sur nous durant une trentaine de 30 km en deux roues (!) , comme pour mieux nous témoigner que la saison des pluies démarre. Expérience mémorable !!!
Jamais deux sans trois : Ouidah et Grand Popo, un plongeon dans l’histoire et un autre… dans l’océan ! Seul port maritime de l’esclavage au Bénin, Ouidah a embarqué des 10aines de millions d'esclaves outre-atlantique. Grande preuve de lucidité et d’objectivité, c’est ici qu’on nous rappelle que les instigateurs sont certes européens, mais que nombreux sont les africains à s’être enrichis de cet atroce commerce négrier.
Un peu de légereté pour finir l’excursion, avec un "larvage" haut en couleurs sur la
belle plage de Grand-Popo. Au beau milieu des villages de pêcheurs, nous assistons à leur arrivée : sortir les barques de l’eau, dénouer les filets, trier les poissons… une activité intense dans laquelle chacun trouve sa place. Dans ce mélange de bleu… vert… la note sera finalement rouge puisque nous repartirons avec de bons coups de soleil !
La cuisson n’étant pas à point, nous décidons le soir même d’organiser une soirée crèpes pour toute la grande famille par 35 degrés ;o)
Bonne semaine à tous !
10 mars 2008
10 mars 2008 - Hymne à la joie
Ici vos deux « Yovos » (= blancs) en direct de la planète Cotonou, à des années lumières de notre froideur française, dans tous les sens du terme ! A peine 48H de passées et déjà des tonnes de rencontres, d’yeux brillants à notre égard, de curiosité quant à notre long voyage…l’aventure humaine, clé de voute de notre projet, semble ici bien partie….nous avons même été conviées à un baptème, et pour jouer les béninoises jusqu’au bout nous nous sommes parées du costume locale : le pagne !! Un grand grand merci à Henri, beau-frère d’amis de Céline, et Gladys chez qui nous habitons pour la semaine sans qui ce voyage n’aurait certainement pas cette couleur locale si cher à nos yeux !

Nous découvrons Cotonou à l’arrière de deux roues, que ce soit avec nos familles d’accueil ou les « zems », taxi-motos caractéristiques de la ville : à 2, à 3 ou même 4, avec brouette retournée sur la tête, tout est possible ! Les taxis-motos parisiens n’ont rien de révolutionnaires !!
Nous allons préter main forte à l’ONG dont Gladys et sa famille font partis pour travailler avec eux sur la sensibilisation des populations dans la lutte contre le palu.






