13 mai 2008
13 mai 2008 - Africa, je t’aime moi non plus…
Après Djenné et sa mosquée,
direction Bamako pour prendre la température de la capitale malienne, avant de
rejoindre Soloba, tout petit village à la frontière guinéenne (Conakry). Nous y
sommes attendues pour suivre les travaux de la construction de la maternité, prise
en charge par une asso française. Devant le sérieux de la réunion improvisée et
du cérémonial d’accueil (délégation de taille : chef de village,
conseillers, adjoint au maire et ouvriers), nous nous prenons au jeu et
enfilons notre casque de chef de chantier pour une batterie de questions…nous
le bâtiment ça nous connaît ?! Quelle n’est pas notre surprise quand on
nous répond que dans une semaine tout sera terminé …et qu’il faut 100
ouvriers pour le toit !!! On se mord les lèvres pour ne pas rire !
Nous avons joint l’utile à l’agréable dans cette épopée avec un village qui
nous aura une fois de plus chaleureusement accueillies.
Retour à Bamako, bien plus
civilisée et dense que les autres villes jusqu’alors. Hébergées chez Vincent (merci Fanta !), sa fille nous fera poser
nos premiers jalons dans la ville : maison de l’artisanat, marché et musée
national, où l’on se familiarisera avec tous les rites initiatiques maliens (à
chaque âge et chaque ethnie son rite d’apprentissage de la vie et d’entrée dans
le monde adulte).
C’est le jour j : ce
soir nous quittons l’Afrique pour un break français de quelques jours avant
Mexico ! Et là, oh stupeur, au moment de faire les sacs… regards et
questions ping-pong : « mais... c’est toi qui a les passeports ? »
suivi d’un gros blanc…… Nos 2 neurones se connectent très très vite pour
une fois (!) : et merde, il y a eu vol. On se refait le scénario : Djenné
/ le bus / 8 heures de route = c’est sûr, c’est là. Ni une ni deux, on appelle l’ambassade
pour s’y rendre illico presto. Notre journée cool se transforme en un marathon
administratif : l’ambassade, le commissariat, la mairie, re
l’ambassade !
Ouf, un laissez-passer entre
les mains, nous pouvons maintenant quitter l’Afrique pour notre douce semaine
française…Mais comme l’arbre qui cache la forêt, ce n’est que le début des
emmerdes. Malgré toute la bonne volonté de notre équipe de choc pour nous
trouver les infos sur le passeport d’urgence (à faire en 6 jours, dont 2 fériés
et 1 WE !), il nous sera bien difficile de l’obtenir. En plus de cela,
Céline va devoir retrouver son sac perdu par la compagnie aérienne (on
nous a maraboutées ou quoi ???) ! Nous avons dorénavant un passeport
d’1 an, et dans les temps SVP !!! Mais c’est reculer pour mieux sauter puisque
moult pays vont nous exiger une validité de 6 mois à l’entrée.. il y a donc de
fortes chances que le sujet revienne sur la table…
Bon appétit à tous !!!
03 mai 2008
03 mai 2008 - Essai transformé derrière la ligne malienne… !!!
La patience est un chemin d’or nous a-t-on appris, nous ne pensions pas mettre cet adage si vite en pratique…C’est seulement le lundi matin, après 2 jours à Ouaga pour le plus grand bonheur de nos amis, que nous retournerons voir notre gendarme en règle s’il vous plaît !
Pas de mêlée ni de placage, le passage de la frontière se fera cette fois en douceur. C’est impatientes que nous avançons vers le pays Dogon et sa légendaire falaise de Bandiagara. 1ers coups d’oeils, 1ers émois : la falaise (longue de 150km) forme une imposante barrière rocheuse à perte de vue, dans la zone désertique du Sahel. 
En s’approchant, les détails apparaissent et l’excitation monte. Nous sommes tout proche du but : les villages se dessinent au sommet de la falaise, accrochés au milieu ou à son pied. Constitués d’habitations qu’on dirait miniatures, pour beaucoup troglodytes, ils ont abrités d’abord les Télems, délogés ensuite par les Dogons.
Durant 3 jours nous progresserons de village en village, bercées par la cosmogonie et l’histoire du peuple Dogon. Après une ascension, nous atteignons le plateau : coup de cœur à Begnimato, petit village de pierre posé sur la roche sans eau courante ni électricité. C’est le panorama idéal sur le prolongement des falaises face au désert, hésitant entre le jaune et le rouge… CA TABASSSE ! 
Invitées à rester pour un mariage par le sage du village, nous acceptons BIEN EVIDEMMENT et partons en charrette à dromadaire récupérer nos gros sacs ! Dès le samedi soir, un cortège de femmes et de musiciens déambule dans le village à la lueur d’un néon portable (branché sur une batterie de voiture, Jo la débrouille !). Le lendemain matin, la préparation des énormes marmites de riz bat son plein (plat unique pas de chichi) et c’est alors que nous prêtons main forte (vive l’invention du lave-vaisselle !).
La cérémonie catholique a lieu dans l’église en plein air, sous un arbre la cloche suspendue à une branche. De là le rituel se poursuit : distribution des bassines de riz dans tous les recoins, pour habitants et visiteurs des 20 villages environnants, remise des cadeaux (oui oui, on a fait péter la ménagère: bassines, gobelets et louches en plastique ! Cadeaux plus que top ici), et danses au rythme des tam-tams jusqu’au bout de la nuit.
Nous quittons les falaises pour un passage éclair à Mopti, la Venise malienne, avant de continuer notre route pour Djenné. Le hasard fera bien les choses, nous arrivons pour le « crépissage » de sa célèbre mosquée en banco, évènement annuel n°1 des villageois qui s’agitent pour l’occasion comme une fourmilière.
Les femmes accourent avec leu
rs seaux pleins d’eau, les hommes, après avoir versé des tonnes de terre, mélangent et du haut de leurs échelles se hissent pour crépir. Vous nous connaissez, on s’est fait un malin plaisir à jouer les Mimi-Cracras, seau d’eau à la main et pieds dans la gadoue. Grâce aux enfants, il n’y a pas que la mosquée qui sera recrépie !!! Effervescence marquante à nos yeux.
Bonne douche à tous !





